Au risque de se répéter, ce qui semble manquer le plus aux professionnels de la naissance si on les interroge c’est du temps, de nouveaux collègues, du matériel et du personnel même si avec nos moyens actuels il est peut être possible de faire mieux sur le plan technique. Ceci ne signifie pas faire davantage mais surtout de recentrer nos efforts au bon endroit dans un vrai projet de santé publique qui se donne les moyens de ses ambitions.
Dans l’idéal, il nous faudrait plutôt améliorer encore la sécurité et non pas proposer uniquement « toujours plus de sécurité ». Nous devrions ainsi pouvoir modifier nos pratiques et faire que la technique qui accompagne cet objectif de réduction du risque soit moins visible et laisse plus de place à l’humanité que nous demandent les couples, notamment en l’absence de complications. C’est d’ailleurs un des buts des maisons de naissance dans lesquelles certains mettent beaucoup d’espoirs. Il nous faut aussi écouter les couples et leur demande et dialoguer à leur faire accepter les risques qui accompagnent la naissance pour ne pas que ce risque vienne gâcher l’expérience positive que peut apporter cet heureux événement.
Comme nous l’explique Goethe : le risque, comme la beauté est une question de point de vue.
J’ai accouché de mon premier enfant à l’hôpital, et bien que je n’aie pas eu une mauvaise expérience, je n’ai pas aimé l’environnement hospitalier déshumanisé.
Les gens s’inquiètent souvent, pensent que si quelque chose va mal le bébé sera en danger si on n’est pas à l’hôpital.
Si vous habitez loin d’un hôpital c’est un point à considérer, mais du moment que vous avez une sage-femme avec vous il ne devrait pas y avoir de problème.
Elle pourra repérer tout incident bien avant qu’il ne devienne un danger mortel, ce qui veut dire que vous avez tout le temps d’appeler une ambulance. Bien sûr il y a des risques, mais faire des enfants comporte des risques, quel que soit l’endroit où le bébé naît.
Mon mari aussi pense que c’est le meilleur choix parce que tout l’équipement nécessaire, comme les monitorings, peut être utilisé à la maison. Il voulait être sûr que le bébé et moi soyons en sécurité.
La seule chose que vous ne pouvez pas avoir sont les médicaments anti-douleurs comme la péthidine ou la péridurale, et si vous avez besoin d’une intervention chirurgicale comme une césarienne, vous devrez aller à l’hôpital.
Je suis entré en travail à […] semaines le 29 janvier de cette année. Nous avons tout de suite préparé la maison pour la naissance, rempli une piscine d’accouchement, protégé le sol avec des plastiques et allumé des chandelles d’aromathérapie pour m’aider à me relaxer.
J’ai perdu les eaux dans la soirée et pendant les 12 heures qui ont suivi les contractions étaient légères. Le jour suivant j’ai pu aller me promener et j’ai pris un bon petit déjeuner avec mon mari et ma fille Dewi. Il n’y avait aucune sensation de stress ou de panique.
David et moi voulions que Dewi reste présente. Je lui avais expliqué ce qui allait se passer et elle était très excitée par l’événement.
La naissance d’un bébé est un événement extraordinaire, et naturel, que les enfants devraient avoir le droit de voir. Il n’y a pas de raisons pour qu’ils restent en dehors.
Dewi a adoré être là. Elle n’a pas vu le bébé sortir mais elle est restée dans la pièce tout le temps, entourée de mon amie et de mon mari, pendant que la sage-femme s’occupait de moi.
Comme pour mon premier enfant je n’ai pas eu de terribles douleurs et l’accouchement a été facile. A 13h30 j’ai donné naissance à un petit garçon en pleine forme, Damai, qui pesait 6lb 4oz (2 kg 900).
J’ai utilisé du gaz (hilarant) et de l’oxygène, mais je n’ai pas eu besoin de médicaments anti-douleur. Ma sage-femme m’a dit que c’était un accouchement comme dans un livre de cours.
J’étais beaucoup plus détendue que lors de mon premier accouchement, pendant le travail, en partie parce que je savais à quoi m’attendre mais aussi parce que j’étais à la maison.
La sage-femme m’a fait couler un bain et ensuite on a ouvert une bouteille de champagne et nous avons célébré notre nouveau venu, assis sur le divan.
Nous sommes restés assis là des heures à le prendre dans nos bras, et c’était merveilleux de pouvoir coucher le bébé directement dans son propre lit. C’était un jour parfait.
Un accouchement à domicile ressemblait à la manière parfaite de mettre au monde mon premier enfant. Je pensais qu’il serait bien plus tranquillisant de l’avoir dans le confort de ma maison que dans un hôpital, qui m’a toujours semblé un environnement non naturel.
Mon compagnon et moi avions pesé les pour et les contre d’un accouchement à domicile.
Notre principale préoccupation était de savoir ce qu’il se passerait si quelque chose allait de travers, mais notre hôpital local est à quelques rues d’ici, nous savions que si il y avait une complication nous pourrions nous y rendre rapidement.
Après avoir consulté mon généraliste et ma sage femme, j’ai décidé de prendre une piscine d’accouchement, montée devant ma porte, parce que l’eau peut aider à soulager la douleur des contractions.
Quand mes contractions ont commencé le jeudi soir, tout était en place pour que j’aie un parfait accouchement à domicile.
Nous avons appelé la sage-femme, qui est venue immédiatement, elle m’a fait un examen interne. Elle m’a dit que j’étais au tout début du travail et qu’elle repasserait le lendemain.
Au matin je n’en pouvais plus, mais mes contractions étaient toujours irrégulières, allant de 2 à 7 minutes d’intervalle, et je n’avais toujours pas perdu les eaux.
Quand la sage-femme est repassée à 6 heures mon col était encore à 1 cm de dilatation.
Heureusement j’ai rompu la poche des eaux quelques heures plus tard, mais la douleur était pire.
Si j’avais été à l’hôpital j’aurais pu avoir de la pethidine, un dérivé de la morphine, pour soulager la douleur, mais on ne peut pas en avoir à la maison.
Tout ce que j’ai eu c’est du gaz (hilarant) et de l’oxygène, mais après avoir vidé deux cartouches de gaz je suppliais pour quelque chose de plus fort.
Le samedi après-midi j’étais totalement épuisée et mon rêve d’accouchement à domicile parfait était détruit.
Emotionnellement j’étais complètement vidée. Après 48 heures j’étais seulement dilatée à 3, je savais qu’il était temps d’aller à l’hôpital. Je pensais que j’allais mourir.
Une heure plus tard j’étais à l’hôpital, où ils m’ont fait une péridurale, qui m’a permis de dormir 2 heures. On m’a aussi donné quelque chose qui aide à accélérer les contractions. Quand je me suis réveillée j’étais prète à pousser. J’étais si soulagée de pouvoir enfin en finir.
A 23h56 Luca est né, il pesait 3 kg 400. J’étais heureuse qu’il soit sain et sauf, mais trop fatiguée pour apprécier ce qui aurait dû être un moment merveilleux.
Deux ans ont passé et je suis encore effrayée par cette expérience. Maintenant je considère sérieusement l’adoption parce que je ne suis pas sure que je pourrais revivre tout ça.
Traduit de l’anglais par Frédérique Horowitz
- Le CIANE est un collectif d'associations agréé pour la représentation des usagers dans le
système de santé (agrément N° N2008AG0020).collectif_ciane(arobase)yahoo.fr
Contact téléphonique : Gilles Gaebel, 06 22 54 01 12
Derniers Commentaires